Le MRAP exprime sa profonde indignation après les propos tenus par Aurore Bergé, ministre chargée notamment de la lutte contre les discriminations, au sujet de la théorie dite du grand remplacement.
Interrogée sur le caractère raciste de cette théorie, la ministre a refusé de la qualifier (…)
A quoi sert l’ONU ? - Colloque organisé par le MRAP le 13 novembre 2026
Cette question n’est pas une provocation. Mais elle exprime des interrogations fréquentes et diverses.
L’ONU est actuellement menacée, comme l’ensemble des structures qui constituent ce qu’on appelle le multilatéralisme. Elle l’est dans la réalité, comme on le voit dans la pratique de certains Etats, et dans sa difficulté à jouer un rôle dans les conflits qui ravagent le monde. Mais elle l’est aussi dans son principe même, sous divers angles, et même de façon ostensible, comme par l’actuel président américain.
L’ONU est par ailleurs l’objet d’un scepticisme grandissant dans l’opinion publique, y compris parmi les militants qui se réclament de ses valeurs et de son projet. Déçus par son peu d’efficacité face au règne victorieux de la force et de la violence, beaucoup ne font plus qu’une référence formelle au droit international, sans croire à son effet réel.
Alors, oui, quoi sert l’ONU ? Lors de cette rencontre, le MRAP se propose d’aborder quelques éléments de réponses, modestes dans ce cadre limité, mais utiles à une réflexion plus approfondie
L’ONU est généralement confondue avec son Assemblée Générale et son Conseil de Sécurité, dont l’efficacité apparaît hélas trop souvent en échec. Nous avons donc choisi de mettre en lumière certaines des structures de l’ONU, moins connues mais constitutives de son action réelle, en particulier dans des domaines qui concernent le plus directement l’objet du MRAP.
Et d’abord au niveau informatif. La création de l’ONU répond à quel besoin et à quel projet ? Quelle est sa structure, en réalité beaucoup plus complexe qu’on ne le croit, avec ses instances, mais aussi avec ses nombreuses agences, programmes et commissions, dont l’ensemble devrait préfigurer une forme de gouvernance de l’humanité. Chloé Maurel, historienne spécialiste de l’ONU, tentera de nous éclairer sur la richesse de cette construction et son fonctionnement réel, depuis sa création.
Dans le cadre de l’ONU, c’est l’Unesco qui est en charge de la lutte contre le racisme. Nous avons demandé à Doudou DIENE, ancien responsable des programmes onusiens contre le racisme, de nous faire comprendre l’histoire de la mondialisation, grâce à cet organisme, de la question du racisme, et les étapes majeures du développement de cette problématique, ainsi que son état actuel.
L’ONU est une constellation d’organisations spécialisées. Une dizaine sont très connues, d’autres beaucoup moins. Qui connaît l’UNU, l’Université des Nations Unies ? C’est l’organisation de recherche et de formation, le pont entre le monde académique et l’ONU. Sabine Becker-Thierry en est la directrice pour le Bureau de Paris, après des fonctions dans de nombreuses autres organisations onusiennes. Elle a bien voulu venir nous aider à comprendre le rôle de l’ONU dans la vie intellectuelle mondiale.
C’est précisément pour interroger ces enjeux que le MRAP organise un colloque le 13 novembre 2026.
📅 Quand ? Vendredi 13 novembre 2026
📍 Sorbonne Panthéon, entrée 12 place du Panthéon, salle 06, 2e étage à la droite
📝 Entrée libre et gratuite sur inscription en écrivant à : chloemaurel7@gmail.com
Stop à la répression des jeunes : l’école n’est pas un champ de bataille
Communiqué commun appelant à participer aux mobilisations en soutien aux mouvements de la jeunesse le mardi 6 octobre 2026, partout en France et notamment à 14h, place de la République, à Paris.
La société civile agit en protection des mouvements de la jeunesse
La répression policière qui s’abat sur les lycées a franchi un seuil critique.
Nous sommes toutes et tous choqués d’une telle répression qui brise des vies : un lycéen a eu la mâchoire fracturée à Saint-Ouen-l’Aumône par un tir tendu au lance grenade ; un autre a perdu un œil à Tours sous l’impact d’un tir de LBD. Leur crime ? Avoir demandé, avec leurs camarades, des conditions décentes d’éducation. Nous ne pouvons attendre que d’autres jeunes soient mutilés pour agir.
Les témoignages se multiplient : de mineur-e-s, parfois très jeunes, matraqués et gazés, d’exactions brutales commises par les forces de l’ordre à leur encontre. Nous assistons, révoltés, à des scènes d’une violence inouïe : l’État déploie des armes de guerre contre des mineur-e-s, des équipements prétendument « sublétaux » mais qui fracassent, éborgnent et mutilent à vie. Le gouvernement organise des arrestations d’une ampleur inédite : en moins d’une semaine, 5 000 interpellations dont 2 000 pour la seule journée de jeudi 1er octobre 2026.
C’est une négation pure et simple du droit fondamental de la jeunesse à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. Lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent pouvoir se mobiliser et manifester sans craindre pour leur sécurité.
En appliquant des doctrines délétères exposées dans son « Guide opérationnel des violences urbaines » (Govu), le gouvernement fait le choix grave d’assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des armes de guerre. Et on ne peut réduire un mouvement social à ses débordements.
Loin d’assurer l’apaisement, la logique répressive participe à l’augmentation des tensions et transforme les abords des établissements scolaires en zones d’affrontement, ce qui met aussi en danger le personnel éducatif.
Le droit de s’exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, par la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’Onu. Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.
Nous, signataires, sommes du côté de la mobilisation légitime de la jeunesse de notre pays pour son avenir, et non de celui des LBD, des grenades, des matraques et des arrestations de masse.
Nous exigeons de l’Assemblée nationale et du gouvernement :
la mise en place prioritaire d’un dialogue avec les jeunes mobilisés ;
le traitement systématique des enfants pour ce qu’ils sont, des personnes à protéger comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) ;
l’application d’une politique de désescalade des tensions ;
l’abolition définitive des pratiques de maintien de l’ordre liberticides, matérialisées notamment par l’instruction ministérielle sur les violences urbaines (le Govu qui doit être abrogé) : le retrait immédiat des unités de la BAC et de toutes celles non formées à la gestion des rassemblements, des brigades équestres et des unités cynophiles ; l’interdiction stricte de l’usage des armes de guerre sur les manifestations, du gaz lacrymogène de façon indifférenciée, ainsi que l’arrêt des interpellations massives et de la criminalisation de la jeunesse ;
une réelle prise en compte de la parole des jeunes par la recherche de la démocratie éducative pour construire les politiques publiques.
L’État doit recréer de toute urgence les conditions permettant la libre expression civique des jeunes, ce d’autant plus que leur revendication d’un service public d’égale qualité pour toutes et tous est totalement légitime et nous la soutenons.
Aucun jeune ne doit risquer son intégrité physique ou sa liberté lorsqu’il fait entendre sa voix.
Stoppons l’escalade. Protégeons la jeunesse.
Nos organisations vont saisir le Défenseur des droits et les Rapporteurs spéciaux de l’Onu des violences commises par les forces de l’ordre et des ordres donnés.
Elles prient instamment le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) de bien vouloir contrôler les dossiers des gardes à vue et les conditions de traitement des personnes, comme ce fut le cas en 2023 lors des manifestations « retraite ».
Elles organisent ou soutiennent les mobilisations des lycéen-ne-s et étudiant-e-s, mardi 6 octobre 2026, notamment à Paris 14h, place de la République.
Paris, le 5 octobre 2026
Signataires : CGT (Confédération générale du travail), Fédération des associations générales étudiantes (Fage), Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humais), Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), SNPES-PJJ/FSU (Syndicat national des personnels de l’Education et du Social), Union étudiante, Union syndicale lycéenne (USL), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union syndicale Solidaires, SOS Racisme

